La ville de Dreux ne possède plus de devise. Néanmoins, nous citons l'ancienne, d'après M. Georges Champagne, de Dreux, qui nous a communiqué, en juin 1896, les notes qui suivent : "Jusque vers la seconde moitié du XIIe siècle les armes de la ville de Dreux étaient, d'après le manuscrit de Dorat de Chameulles (1740) : L'écu d'argent avec le chesne de sinople en pal, et sa légende : AU GUY L'AN NEUF, selon Donnaut (1789). Ce fut Robert Ier, fils du roi Louis VI, dit le Gros, comte de Dreux, de 1137 à 1184, qui les changea pour une partie des siennes. Il existe, aux archives de l'Hôtel de ville de Dreux, la représentation des armes de la ville sur deux carrés de parchemin ; au dos de l'un est écrit : Robert de France (fils de Louis VI, roi de France), comte de Dreux, faisant ordinairement sa demeure dans la ville de Dreux, aima tant les habitants, qu'après leur avoir octroyé plusieurs privilèges, il leur donna encore, ses armes qui sont : l'Ecu échiqueté d'or et d'azur, ne réservant que le bord de gueules ; et, au lieu du bord de gueules, fit mettre une branche de chesne à l'entour, lequel chesne, les Druides portent en champ d'argent avec le gui sortant d'icelui. Depuis ce temps, les habitants ont toujours porté et portent encore ces armes, tellement que l'échiquier environné de chesne est une conjonction des armes des Druides avec celles du seigneur, comte de Dreux." "Explication de la légende : AU GUY L'AN NEUF : "Les Druides qui habitaient le pays des Durocasses, dont Durocassio (Dreux) était la capitale, attribuaient au gui du chêne de grandes vertus ; il était pour eux la panacée universelle et ils ne faisaient jamais de sacrifices sans en avoir des branches ou des feuilles, ainsi que le rapporte Pline, livre 10, chapitre dernier. La cueille s'en faisait le premier jour de l'année et la cérémonie qui, selon les historiens, était la plus importante de ce temps-là, était annoncée par le cri : Au gui l'an neuf (Allons au gui, c'est une année nouvelle), poussé par tous les Gaulois. Ovide l'a exprimé par ce vers : Ad viscum Druidae, Druidae clamare solebant. "Furetière, dans son Dictionnaire universel, n'en fait qu'un seul mot Aguilauneuf dégénéré plus tard, dit Ed. Lefèvre, en celui d'Eguilan, terme encore usité, il y a quelques années, en la ville et aux environs de Dreux pour demander les étrennes que l'on donne au premier jour de l'an". (Georges Champagne.) |