| d'or, à quatre pals de gueules, qui est D'ARAGON ; au saint Jean-Baptiste de carnation, vêtu de sable, tenant de la main dextre une croix haute d'or, et sur le bras senestre un agneau pascal d'argent, brochant sur les quatre pals |
Ces armes furent concédées à la ville de Perpignan par une pragmatique de Martin, roi d'Aragon, du 8 juillet 1400. Ce sont les armes royales d'Aragon avec en plus un saint Jean-Baptiste, patron de la ville. Quant à la devise REGI ET DEO SEMPER FIDELISSIMA, nous devons la considérer comme apocryphe, elle a peut-être été composée à l'époque où la ville demanda le renouvellement des armoiries, jamais elle n'a été portée. Le 21 janvier 1474, le roi d'Aragon, Jean II, pour récompenser la ville de l'héroïque résistance qu'elle opposait aux troupes de Louis XI, lui accorda le titre de FIDELISSIMA, très fidèle, qu'elle a toujours gardé depuis. Ce seul mot pourrait, avec juste raison, être pris comme devise historique par la ville de Perpignan. En 1681 les consuls de Perpignan, à l'instigation de M. de Chazeron, commandant de la province, et de M. de Trobat, intendant, demandèrent à reprendre les armes que la ville avait avant 1400 et qu'ils disaient être : un écusson en losange, en champ d'azur, semé de fleurs de lis sans nombre, et chargé d'un saint Jean-Baptiste au milieu. C'était une erreur grossière ou un mensonge conscient. Louis XIV ne pouvait qu'être sensible à cette flatterie et il s'empressa de donner satisfaction aux consuls le 10 septembre 1681. Mais, chose curieuse, lorsque fut créé, en 1696, l'Armorial général, ces armes n'y furent pas inscrites et d'Hozier enregistra en leur lieu et place les armes fantaisistes suivantes : d'or, au chef componné d'argent et d'azur. Le 14 janvier 1825, le Conseil municipal demanda le renouvellement des armoiries concédées à la ville par le roi Martin, le 8 juillet 1400. La Municipalité ignorait, sans doute, que le roi de France ne pouvait concéder, à titre de reprise, que les armes enregistrées à l'Armorial général de France. Et, en effet, les lettres patentes de Charles X du 18 mai 1825 accordèrent à la ville, à titre de reprise, les armes composées par d'Hozier et enregistrées à l'Armorial général. Le 16 mars la ville avait accepté, mais cette solution inattendue mécontenta tout le monde. Depuis longtemps la ville a repris, avec raison, les anciennes armoiries du roi Martin ; mais il s'y est glissé quelques erreurs qu'il serait bon de corriger. Cette notice est rédigée d'après les notes que M. J. Barthe, archiviste de la ville de Perpignan, a bien voulu nous communiquer ; nous le remercions sincèrement. |